Le fameux moment présent, probablement un des plus beaux cadeaux qu'offre le chemin de Compostelle

Jan 18th, 2009 Posted in Conseils aux voyageurs, Sur la route en voyage | no comment »

 

Rien n’est plus enivrant, lorsqu’on marche le Chemin de Compostelle, que de découvrir que petit à petit s’est installé chez nous un état bienheureux de félicité que l’on nomme le « moment présent ».

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Rarement nous est-il possible de vivre avec autant de simplicité le fameux moment présent. Ce moment présent, qui est supposé nous mener au bonheur, ce moment présent dont plusieurs maîtres spirituels et Yogis d’Asie parlent. N’est-ce pas aussi le leitmotiv des Alcooliques Anonyme : « Vivre son moment présent et laisser faire le reste » « Demain est un autre jour » ?

 

Sur Compostelle, j’ai ressenti comme jamais encore auparavant et avec une profondeur rarement égalée ce «moment présent ». Tout à coup, il n’y avait plus de demain, plus d’hier, plus de quand j’aurai fini, à la fin de l’étape, tantôt ! Non ! Demain, je ne sais pas combien de kilomètres je marcherai, hier j’ai déjà oublié où j’étais et combien de kilomètres j’ai marché. Quand j’aurai fini, on verra. La fin de l’étape, c’est trop loin ; pour l’instant, laissez-moi déguster mon « café con leché ». Avec ce moment présent toujours grandissant en nous, un calme s’installe et demain n’a tout-à-coup plus beaucoup d’importance. Au début, on doit se rappeler à l’ordre, se forcer à rester ici et maintenant. Mais on le fait alors pour ne pas déprimer à cause de la distance qui reste à parcourir, du nombre de jours qui restent à marcher, etc. Mais petit à petit la chose s’installe et devient une façon de vivre. Nous sommes sur le chemin de Compostelle, nous sommes ici pour marcher, la décision à été prise il y a longtemps, nous sommes ici maintenant… alors marchons.

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Ce matin, je me lève et je marche. Je ne pense pas à l’étape de la journée, aux 32 kilomètres que j’ai à avaler. Non, ce matin je me lève et je marche au soleil, c’est tout. Un pas devant l’autre.

Le fait d’avoir simplifié notre vie au maximum est assurément pour quelque chose dans cet état qui vient à nous comme par magie. Notre vie se résume à un sac à dos, quelques euros dans notre poche arrière et une seule activité : la marche. La marche aujourd’hui, la marche hier, la marche demain. Même après-demain, qu’y aura-t-il ? De la marche ; alors autant rester dans le moment présent ! Nos journées sont simples sur le chemin, on marche, on suit les flèches jaunes qui sont, la plus part du temps, bien visibles, on s’arrête de temps en temps pour boire et s’alimenter dans un petit resto local et le soir, après avoir trouvé notre auberge de pèlerin, on se couche. On se couche tôt car on sait qu’on doit être dehors à 8 heures le lendemain (La plus part des auberges demandent aux pèlerins d’être sortis pour 8 heures)

Cette grâce que la distance et les jours de marche déposent en nous nous suivra longtemps au retour. C’est assurément un des plus beaux cadeaux du Chemin de Compostelle.

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Partir seul sur le chemin de Compostelle !

Jan 6th, 2009 Posted in Conseils aux voyageurs, La planification d'un Voyage | no comment »

 

Voici les confidences d’Armel, un Pèlerin (Français) de mes amis, merveilleuse rencontre et avec qui j’ai marché dans le plaisir une partie de son chemin de Compostelle.  Partir seul c’est ouvrir toutes les portes aux rencontres, aux autres !

 

Vous avez fait le choix de partir seul, quels sont les éléments qui ont guidés ce choix ?

Là aussi il n’y a eu quasiment aucune hésitation. Au début de notre vie commune avec mon épouse, nous vivions à Montréal (et travaillions dans un Hôtel sous la coupe d’un certain Gaston Viallet… !) et nous avions eu l’occasion de partir 3 mois en voyage en camping-car autour de l’Amérique du Nord et Amérique centrale. Nous étions partis avec 3 amis…et au bout des 3 moDSC_0642

is du voyage, nous n’étions plus que des « relations ». Je ne voulais pas prendre le risque de sacrifier une amitié pour la cause du chemin. Mon épouse ne se sentait pas physiquement, mon fils avait ses études. Je ne souhaitais pas non plus avoir des contraintes avec un compagnon de voyage alors même que ce chemin de liberté est susceptible de servir de mise au point dans sa vie.

Qu’attendiez-vous de ce périple ?

Je n’attendais rien de particulier, tout au plus je voulais peut-être me confirmer que je n’avais pas enfoui des problèmes dans ma vie que la fatigue, la longueur et les efforts ne manqueraient pas de faire ressortir. Seule l’aventure (somme toute sans risque) me poussait à partir. Il y a sur le chemin une maxime qui circule et qui dit : »Sur le chemin, il faut s’attendre à tout et ne s’étonner de rien », je crois qu’elle répond assez bien à votre question.

Qu’avez-vous trouvé sur ce chemin ? Qu’avez-vous reçu ?

DSC_0264 J’y ai trouvé des gens,… des gens de tous horizons, de tous pays, sans distinction sociale ou culturelle, j’y ai trouvé de la convivialité, de la fraternité de l’amitié, de l’émotion. Pour moi ce fut un chemin d’émotion. Un chemin de rencontres parfois très simples ou brèves parfois très intimes et personnelles. La longueur, la répétition, la fatigue, la promiscuité nous rendaient très sensible à toute chose nous entourant. Un couché de soleil, une fleur au milieu des cailloux, un oiseau, un fruit mur, un sourire ou une larme sur un visage, une remarque ou un encouragement d’un ami… tout devenait exacerbé et amplifié.

Qu’en gardez-vous ?

Une formidable expérience que je souhaite à tous ceux que j’aime. C’est une expérience humaine très personnelle et collective à la fois. J’en garde aussi le souvenir d’un sentiment de liberté quasi-totale. Des images qui défilent depuis à tout moment de la journée comme un diaporama. Une pèlerine rencontrée sur le chemin, me disait souvent « attends je prends une photo mentale, car les photos sont de toute façon très difficiles à faire partager ! »DSC_0372

Le premier pas sur le chemin de Compostelle….toujours le plus difficile !

Jan 4th, 2009 Posted in Conseils aux voyageurs, La planification d'un Voyage | no comment »

Voici les confidences d’Armel, un Pèlerin (Français) de mes amis, merveilleuse rencontre et avec qui j’ai marché dans le plaisir une partie de son chemin de Compostelle.  Le premier pas dont il fait allusion ici, c’est………..d’y aller, de partir !

 

Comment en êtes-vous arrivé à penser à Compostelle et à son chemin ?

DSC_0263 J’avais bien entendu parlé du Chemin de Compostelle comme beaucoup de monde sans jamais m’y intéresser pour autant. L’Association de la bibliothèque de ma commune en 2000, je crois, avait invité Léo Gantelet de Seynod à coté d’Annecy pour présenter le livre qu’il venait d’écrire à son retour de Santiago de Compostelle pour lequel il avait parcouru les 1830Km en une seule fois. J’avais été très impressionné par cette performance. La lecture de son ouvrage me confirma qu’un jour je ferai ce périple. Deux années plus tard 2 amis de la troupe de théâtre dont nous faisons parti, arrivés à l’âge de la retraite prirent leur bâton et relièrent Le Puy en Velay à Santiago de Compostelle. Là encore leurs récits au retour me ravivèrent cette envie de prendre moi aussi mon sac. J’avais vu dans leurs yeux une flamme d’émotion que je retrouvais à chaque fois que nous abordions le sujet.

Quand avez-vous commencé votre chemin ?

Il fallait attendre l’opportunité, elle se présenta en juin de cette année et le 12 août au matin devant la maison, j’embrassais ma famille, et quittais mon village, à pied, non sans une appréhension au ventre devant l’ampleur de la tâche et l’idée que je pourrai échouer. Mais nous parlons là du départ physique de ce pèlerinage. En fait ce périple avait commencé depuis longue date dans ma tête, la graine était entrain de gonfler mais son écorce n’avait pas encore craqué et trouvé le terrain et les conditions favorables. Car il y a bieDSC_0188

n sur toute une organisation à mettre en place pour que cela devienne possible. Merci à mon épouse d’avoir rendu ce rêve réalité. Sur le chemin j’ai souvent entendu cette maxime : « l’important c’est le premier pas ». Beaucoup de mes connaissances m’ont dit et me disent encore « C’est un beau projet, que j’aimerai bien faire…mais…. » ….Mais voilà il y a ce premier pas à franchir !

Comment avez-vous abordé ce chemin ? Quelles ont été vos réflexions avant ce départ ?

Tout d’abord je veux ici préciser que ma démarche n’était pas spirituelle, mais bien axé sur l’aventure et le challenge. Concernant le trajet dans ma tête il n’y a jamais eu de doute sur le choix du chemin ; je souhaitais partir de ma maison et rejoindre le Puy en Velay, puis la voie normale jusqu’à Santiago par St Jean Pied de Port. En fait je voulais me mettre dans les conditions des pèlerins des siècles passés qui bien sur ne prenaient pas un TGV pour aller prendre leur départ ailleurs que chez eux. Je parle là que du point de départ et non du matériel qui était pour eux très précaire. Mon épouse elle était moins d’accord sur ce choix eu égard aux 12 jours supplémentaires nécessaire pour me rendre au Puy, là aussi merci à elle d’avoir accepté ce sacrifice. Mes réflexions ont plus porté sur mes capacités à accomplir ce long raid que sur une préparation intellectuelle proprement dite. Je n’avais pas d’objectif ou d’idée précise. Le coté nomadisme, découverte, liberté, rencontre ont été les seules visions que j’avais retenues de mes lectures et conférences sur ce chemin.DSC_0120