Conseil pour voyageur: Compostelle. Pèlerin avant tout
Feb 17th, 2009 Posted in Sur la route en Voyage de plein air et d'aventure, Sur la route en voyage | no comment »Voici le dernier chapitre des confidences d’Armel, un Pèlerin (Français) de mes amis, merveilleuse rencontre et avec qui j’ai marché dans le plaisir une partie de son chemin de Com
postelle.
Le chemin de Compostelle est en vérité un voyage qui ne finit pas !
Ou se trouve le voyage ? Quels types de voyageurs y trouve-t-on ?
Le voyage est personnel, on fait chacun son propre voyage même si nous marchons de concert et vivons les mêmes évènements. Chacun à ses propres objectifs et ses propres attentes. Nous devons respecter ces différences et ces besoins d’isolement au cours de la journée, c’est aussi une question de respect pour les autres. Bien sur pour certain c’est un voyage spirituel mais pour beaucoup c’est une démarche de recherche interne, certains marchent pour « se trouver ». Mais déjà le fait de mettre des mots sur tel ou tel objectif est réducteur et limitant. D’autre part le terme « voyageur » est mal approprié à mes yeux, tout autant que celui de touriste; nous sommes pèlerin avant tout autre chose. Il est très difficile de faire du tourisme avec un sac de 12 kg sur le dos, à la force de ses mollets. Nous sommes sur le chemin comme sous un tunnel virtuel, en train de suivre le balisage et la voie lactée que des centaines de milliers de pèlerins ont déjà suivie. Il y a comme une force mythique qui nous envahi en passant sous des portes d’entrée de ville millénaires, en suivant une voie romaine, en foulant des sentiers chargés d’histoire et de légende ou tout simplement en passant un col…et dès que, pour une raison ou une autre, ont s’éloigne du chemin on a l’impression étrange de ne plus être « chez nous ». C’est cette sensation bien connue des Jacquets (les pèlerins de St Jacques) qui fait dire à certain qu’il y a « quelque chose « qui nous protège et nous porte vers Sa
ntiago.
Mais alors pourquoi part-on vers Compostelle ?
Beaucoup répondrons qu’ils ne savaient pas pourquoi il le faisait. Je suis peut-être un peu de ceux-là. Par contre je dis depuis en forme de boutade « Si j’ai un seul regret d’avoir fait le chemin de Compostelle, … c’est qu’il ne soit plus à faire pour moi». Pour la première fois s’entend car on ne doit ressentir qu’une seule fois l’émotion de l’arrivée et de la découverte de la cathédrale de Santiago en Galice.
Comment avez-vous vécu la fin de ce pèlerinage ?
Si l’on parle de la fin « géographique » du trajet, je dirais que c’est l’aboutissement et la récompense, un sentiment de plénitude et de bonheur, mais mêlé à de la mélancolie et de l’émotion de voir s’arrêter ce quotidien plutôt insouciant, de devoir abandonner les amis que l’on c’est forgé au fil des pas. Par contre si l’on parle de la fin du chemin au titre de l’esprit, je dirais que ce chemin là ne se termine jamais (du moins je l’espère) ce n’est pas une ultime page du livre que l’on tourne, le livre reste ouvert et inachevé. Au hasard d’une lecture en cours de route un ami Québécois m’avait lu un passage sur ce sujet : « Ton chemin commencera lorsque tu auras assimilé tout ce que tu as appris sur … le chemin ». Vous pouvez constater que la tâche est ardue…


