Lettre à une amie du lointain Ladakh !
Rebonjour du lointain Ladakh chère Amie
Merci pour ton mot, ce fut un plaisir de te lire.
Je suis sorti depuis quelques jours des montagnes du Zanskar. Un deuxième trek dans une autre région de ce bout du monde. Trecker, c’est une expérience bien simple finalement. C’est se lever le matin avec un petit the au lait, déjeuner dehors au soleil, rouler la tente, aider a charger les chevaux et…..se mettre en marche sachant a l’avance que, dépendamment de la journée il nous faudra monter 1000 mètres, passer le col du Ganda La, redescendre de l’autre cote de 500 mètres et remonter la vallée de 400 mètres pour se positionner pour le prochain col a 4900 mètres que nous passerons le lendemain. Peu de surprise finalement. C’est un Compostelle un peu plus physique, un peu plus fort en nature sauvage………….si loin des hommes si prés des Dieux !!!!!
Les paysages étaient magnifiques et les temps de solitude très fort. Comme la forme était très bonne, même si le parcours Padum – Lamaruyu que nous avons fait était plus difficile que le premier, pour nous ce fut plus facile. Cette fois-ci nous avions un cook et des chevaux pour porter l’équipement. On pourrait presque parler de vacances…mais ca c’est bien relatif !!! Les nuits étoilées étaient de toute beauté et sortir de la tente pour le pipi de deux heures du matin était une expérience mystique. La nature, si proche, si vivante, nous appelait par notre nom comme si elle nous connaissait. Il y a derrière le flot continuel de pensées dans notre tète, derrière ce monologue intérieur qui ne cesse jamais, une âme immortelle qui vit une expérience terrestre et qui a besoin de silence pour exulter……..la marche et l’effort physique, l’énergie de la nature amène ce silence si difficile a capturer autrement. C’est assurément un des bénéfices les plus évidents de ce genre d’aventure.
Au monastère de Linkchet, vieux de 1000 ans, il y avait une salle de prière ou nous sommes entres qui était tout simplement incroyable. Et je ne parle pas seulement du lieu physique, de la décoration. ![]()
Il y avait dans ce lieu saint ou se réunissent des gens pour prier depuis 1000 ans (Le plus vieux monastère du Zanskar) une énergie à fleur de peau. On s’y assoit, on fait silence, et tout a coup on sent que ce n’est pas un lieu habituel, qu’il y a quelque chose qui pénètre l’âme ici et sans trop savoir pourquoi des larmes se mettent à couler sur nos joues. Peut-être que la marche pour arriver jusque la dispose le pénitent. Enfin……… chose certaine, c’est dans le silence que les choses se passent et sur la montagne le silence est notre ami, même si par moment il exige beaucoup de nous de par l’éloignement, la différence de culture, la déstabilisation de notre être et aussi la peine d’avoir laisse ceux qu’on aime derrière. On se sent loin par moment……et ce n’est pas parce qu’on ne veut plus jouer qu’on peut en claquant des doigts en finir. Non pas, si on veut en finir il faut d’abord sortir des montagnes et ca peut vouloir dire marcher encore 3 ou 4 jours quoi qu’il arrive, morale ou non, sante ou non. Pas de sortie “coté jardin” pour reprendre une expression théâtrale.
Paix sur toi et ta famille
Michel



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