Le journal de bord reste une tradition chez-nous.
La tradition est installée et maintenant que personne n’est obligé, le plaisir demeure.
La pause « journal de bord » est en fait un moment d’arrêt. On en profite pour fixer les images de son voyage. Lorsque l’on voit tellement de nouvelles choses et qu’on est constamment alimenté par une foule de nouvelles sensations, le moment de l’écriture ou du dessin, parce que l’on peut aussi illustrer ce que l’on voit, est un moment d’arrêt où on peut s’interroger sur ce qu’on aime et ce qu’on aime moins, sur ce qui nous à marqué. Cette « pause » peut se faire le matin, en déjeunant, ou en fin d’après-midi, lorsque l’on se repose sur son lit. Tous les moments sont bons, en fait. Mais, il faut se motiver un peu, ça ne viendra pas tout seul.
Les extraits que vous voyez retranscrits ici n’existeraient pas sans nos journaux de bord. On oublie vite le nom des villes, des gens. On oublie aussi les pensées que l’on a eues, l’introspection que l’on a faite et les décisions que l’on a prises sur notre vie future. Les voyages provoquent ce genre de réflexions. Notez, notez… vous relirez le tout un jour à l’hospice !
Inde, Jodhpur, 2005
Rosemarie, 12 ans
Je crois que le fait de voyager comme ça avec mes parents me change à la longue. J’adore voyager car c’est comme si mon cerveau allait puiser à la source. La source des vraies images de la vie. J’espère que mon cerveau retiendra toutes ces images le plus longtemps possible. Qu’est ce que je fais ici ? Ma tête
travaille plus fort que d’habitude. Découvrir, apprendre, écouter, retenir, regarder, demander, risquer, décider. Je ne fais pas souvent toutes ces choses à la maison. J’ai aussi appris à me construire un endroit intérieur pour me réfugier quand j’ai peur ou quand je dois me calmer. Il faut garder en mémoire cet endroit
et ne pas l’oublier, car sinon tout est à recommencer. Il n’y a pas plus belle aventure que se découvrir soi-même. Les moines du temple à côté, c’est ça qu’ils font toute leur vie.

Café internet de Quito, Équateur
Le café internet est, pour la nouvelle génération, leur façon de se raconter. Il peut être intéressant de garder les courriels envoyés et de les mettre dans leur journal de bord car ceux-ci constitues une correspondance intéressante. Voici mes deux filles à l’œuvre.
Sri Lanka, Colombo, 2002
Victoria, 5 ans (elle dicteet j’écris pour elle)
Je serai de retour au Canada avec toute ma famille et moi dans quelques heures. Quand on va être à l’aéroport, Mamie et Papi vont venir nous chercher pour aller nous reconduire à notre maison dans la neige. J’ai hâte de revoir mon école. Je m’ennuie aussi de l’ordinateur à Mamie pis de mon chat Copain. J’ai tout aimé au Sri Lanka.
Naturellement plus les enfants vieillissent plus ce qui est couché sur les pages de leur journal de bord demeure secret ou hautement personnel. Je vais tenter d’avoir des extraits de leur dernier voyage en Équateur et je vous reviens avec la réponse.

Ce lobby d’un petit hôtel local de “Banos” Équateur était un endroit inspirant pour s’assoir et couvrir les pages de notre journal de notes et d’histoire de voyage.